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# Posté le lundi 03 octobre 2005 11:59

Modifié le lundi 04 juin 2007 00:05

] Requiem For a Dream [

] Requiem For a Dream [
L'HISTOIRE

Sara Goldfarb vit seule à Coney Island. Mère juive veuve et fantasque, elle vit dans l'espoirobsessionnel d'être un jour invité sur le plateau de son émission de télévision préférée. C'est dans cette perspective qu'elle suit un régime draconien, afin d'entrer dans la robe qu'elle portera, lorsque le grand soir sera venu. Son fils Harry est en proie à une dépendance à la drogue. Avec sa petite amie Marion et son copain Tyrone, ils noient leur quotidien dans d'infantiles visions du paradis terrestre.
En quête d'une vie meilleure, le quatuor est entraîné dans une spirale infernale qui les enfonce,toujours un peu plus, dans l'angoisse et la dégradation...

CRITIQUE

Darren Aronofsky ne filme pas comme les autres. Son Requiem débute en plein été, mais ne se finira pas au printemps. Le printemps, l'espoir donc, ce sera au spectateur de le construire dans son imaginaire, à la sortie du film. Cette première partie estivale est idyllique : les personnages s'éclatent, rêvent, passent de bons moments lors des beaux jours. Le film ressemble alors à une comédie indépendante américaine comme les autres, avec ciblage ados.
C'est pour mieux nous leurrer. Les images façon vidéo-clips et le thème proche de Trainspotting sont percutants mais frôlent le superficiel, en apparence.
La télé, la philosophie du winner, la réussite matérielle, le surpoids et le régime qui va avec, tout ne fait que maquiller une incroyable solitude,un profond désespoir, une quête vers un idéal, celui de sortir de cette prison virtuelle.
Aronosky place ses personnages dans un contexte classique, avec une critique facile. Mais l'automne arrive.
C'est sans doute la partie la moins intéressante, de par le relâchement du rythme, la noirceur qui envahit le film. Une froideur inattendue qui fait basculer le film dans le drame.
Le régime devient accoutumance aux cachets, la drogue vient à manquer, l'histoire d'amour se fissure. Les visages se blanchissent, les yeux se creusent, les dents claquent. Les hallucinations ne sont plus des fantasmes mais bien des cauchemars.
Tout va ne faire qu'empirer, avec un remarquable sens du montage (son comme image). La musique fascine et séduit. L'hiver nous envahit.Chacun va y perdre un morceau : un bras, une innocence, la raison...Aronofsky , entre cinéma expérimental et sensations fortes (qui dérangeront certains), habillent son film d'images chocs et fait forcément réagir le public. En maîtrisant le temps (prise de dope speed, puis tout devient élastique, lent), le jeune cinéaste fait monter la pression crescendo jusqu'à l'horreur suprême : électrochocs, scie, partouzes la déchéance humaine. Pour avoir conquis un monde trop virtuel avec des substances illicites, chacun des personnages en payent le prix, et reviendra dans le réel (ou pas) avec la gueule de bois.
Chacun déprime, se met en position foetale. Le réalisateur domine son sujet et, sans discours, avec la seule force de la succession saccadée des images, nous secoue l'estomac.
Le final est très éloigné du début. Les excès de tous ont conduit à leur propre destruction. Le rêve est mort. Entre temps, nous aurons été convié à un grand huit visuel et musical déstabilisant, plutôt pessimiste, sur nos vies et nos incapacités à imaginer. La véritable dépendance de l'Homme n'est-il pas vis-à-vis de ses rêves ? Sans cachets si possible...

# Posté le dimanche 02 octobre 2005 14:37

=> Descendez La Température <=

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# Posté le samedi 01 octobre 2005 13:35

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# Posté le samedi 01 octobre 2005 13:32

Modifié le lundi 04 juin 2007 00:05

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# Posté le samedi 01 octobre 2005 13:30